Élément de langage
Assiégé / assiégée
Métaphore guerrière qui présente un pays, une ville, une institution ou une population comme encerclé et menacé par quelque chose ou quelqu’un. Dire qu’un acteur est « assiégé », ce n’est pas seulement dire qu’il subit une pression : c’est raconter une attaque.[29]
En rhétorique : on retrouve une métaphore guerrière et une forte mobilisation du pathos. Le mot présuppose l’existence d’un agresseur et d’un agressé, et rend plus intuitive l’idée qu’il faudrait « se défendre ».
CNews a par exemple présenté, dans un édito de Gauthier Le Bret, le gouvernement comme une « citadelle assiégée ».[29]
Élément de langage
Basculement démographique
« Basculement démographique » peut désigner, sans connotation idéologique particulière, une modification importante de la structure d’une population : vieillissement, natalité, migrations, urbanisation ou évolution de la répartition entre classes d’âge. L’expression ne constitue donc pas, à elle seule, un marqueur d’extrême droite.
Dans certains discours d’extrême droite, elle sert toutefois de formulation atténuée ou présentée comme plus descriptive d’un récit proche du « grand remplacement ». Le changement démographique n’est plus seulement une évolution statistique : il devient le passage d’une population définie comme historique, culturelle ou ethnique à une autre, sous l’effet de l’immigration et de différences de fécondité. Causeur a ainsi présenté explicitement « Grand Basculement » comme une alternative lexicale à « Grand Remplacement ».[18][19]
La distinction avec le « grand remplacement » tient surtout au degré d’intentionnalité. Les versions conspirationnistes du remplacement supposent ou suggèrent qu’une élite, un pouvoir ou un projet organisé favoriserait la substitution. Le « basculement » peut se dispenser de cette intention et rester dans le registre du constat alarmiste. Il conserve cependant souvent la même structure narrative : une population d’origine serait progressivement minorée, et le changement serait présenté comme une perte de continuité nationale ou civilisationnelle.[20][21][22]
Le contexte reste déterminant. Parler d’un basculement de la pyramide des âges ou de la natalité n’a évidemment pas le même sens que décrire l’immigration comme une substitution de peuple. Ce sont les groupes opposés, les causes avancées et la valeur politique donnée au changement qui permettent d’identifier le récit.[21][22]
Élément de langage
« Cible dans le dos »
L’expression peut décrire une mise en danger réelle : divulgation d’informations personnelles, désignation d’une personne à un public violent, menaces explicites ou contexte où le risque physique est documenté. Dans certains usages politiques et médiatiques, elle reçoit cependant une fonction plus large : une critique, une qualification politique, un slogan ou une décision sont reformulés comme une exposition à la violence.[5][6][7]
Le critique n’est alors plus seulement invité à répondre de ce qu’il a dit. Il devient potentiellement responsable de ce qu’un tiers pourrait faire ensuite. La discussion se déplace : au lieu d’examiner d’abord si la critique est exacte, mensongère, légitime ou disproportionnée, il faut désormais répondre de ses conséquences hypothétiques. La formule peut ainsi transformer la personne critiquée en victime potentielle et inverser une partie de la charge de la preuve.[8]
L’analyse détaillée de L’advarP étudie séparément la circulation de cette expression, notamment à partir du corpus INA, et distingue les emplois où une menace est documentée de ceux où la métaphore sert surtout à déplacer le débat.[8]
Élément de langage
Civilisationnel
Adjectif qui fait passer un sujet du niveau politique ou social au niveau de la « civilisation ». Une réforme, une pratique culturelle ou un fait de société ne devient plus seulement un problème : il devient une menace pour notre manière de vivre, notre identité, voire notre avenir collectif.[20][28]
En rhétorique : il produit une montée en généralité. Un problème limité est élevé au rang de conflit portant sur la civilisation entière. Ce changement d’échelle augmente mécaniquement les enjeux et mobilise le pathos, notamment la peur et le sentiment de menace.
Le procédé peut aussi fabriquer un faux dilemme implicite : défendre telle position reviendrait à défendre ou abandonner une civilisation entière. CNews a notamment titré un édito de Mathieu Bock-Côté sur un possible « effacement civilisationnel » de l’Europe.[28]
Élément de langage
Conquête / logique de conquête
Vocabulaire guerrier utilisé pour décrire l’installation, la progression ou la visibilité d’un groupe comme s’il gagnait du terrain sur un autre. On ne parle plus seulement de population, de religion ou de culture : on parle implicitement d’un camp qui avance et d’un autre qui recule.
En rhétorique : c’est une métaphore conceptuelle guerrière. Elle impose un cadre où il existe nécessairement des attaquants, des défenseurs, un territoire et un rapport de force. Elle peut donc transformer un phénomène démographique, culturel ou religieux en conflit sans avoir besoin de démontrer qu’un tel conflit existe réellement.
Assertion péremptoire
« C’est évident » / « C’est un fait »
Façon d’annoncer qu’une affirmation ne devrait plus vraiment avoir besoin d’être discutée.
En rhétorique : c’est un procédé de naturalisation du propos. Une conclusion est présentée comme allant de soi, ce qui peut permettre de faire l’économie de sa démonstration.
Élément de langage
Déclin
Idée selon laquelle le pays, la société ou une institution serait engagé dans une dégradation durable par rapport à un passé supposé meilleur. Le mot permet de relier des problèmes très différents dans un même récit : avant ça allait mieux, maintenant tout se dégrade.
En rhétorique : le déclinisme repose souvent sur une comparaison implicite avec un âge d’or. Le passé de référence est rarement défini précisément et ses aspects négatifs peuvent disparaître du récit. C’est aussi une mise en récit téléologique : des événements différents deviennent les étapes d’une même trajectoire descendante.
Historicisation / civilisationnalisation
« Enjeu civilisationnel » / « Question civilisationnelle » / « Combat civilisationnel »
Formules qui transforment un désaccord politique ou social en conflit portant sur la civilisation elle-même.
En rhétorique : c’est un cadrage civilisationnel. Le changement d’échelle augmente fortement la charge émotionnelle et peut produire un faux dilemme : être pour ou contre une mesure devient être pour ou contre la survie d’un mode de vie.
Élément de langage
Ensauvagement
Mot utilisé pour présenter des violences ou des incivilités comme les signes d’une société qui deviendrait globalement plus brutale. Un fait divers devient ainsi facilement le symptôme d’un pays entier qui « s’ensauvage ».[23]
En rhétorique : le terme repose souvent sur une généralisation et un cadrage décliniste. Des faits particuliers sont intégrés dans un récit global de dégradation. Il fonctionne aussi comme une métaphore de régression, puisqu’il oppose implicitement une société « civilisée » à une société qui le serait de moins en moins.
Le problème n’est pas le mot en lui-même, mais le saut logique entre des événements précis et un diagnostic sur l’ensemble de la société. CNews a par exemple consacré un édito de Pascal Praud à l’« ensauvagement général de la société » à partir d’une attaque au couteau.[23]
Indignation rhétorique
« Est-ce normal ? »
Question qui invite surtout le public à partager une indignation ou un jugement de norme.
En rhétorique : c’est une question rhétorique doublée d’un appel à la norme. Elle peut mélanger la description des faits et le jugement porté sur eux.
Élément de langage
Explosion de…
Formule d’amplification qui suggère une augmentation brutale et spectaculaire. Parfois les chiffres explosent vraiment. Parfois ils montent. Le dictionnaire est justement là pour rappeler que ce n’est pas exactement la même chose.
En rhétorique : c’est une hyperbole quantitative. Elle remplace une mesure précise de l’évolution par une image spectaculaire. +5 %, +20 % et +300 % peuvent tous être décrits comme une « explosion » si aucun ordre de grandeur n’est donné.
Terme politique
Féminisme / féministes
Dans certains discours d’extrême droite, « féministe » peut fonctionner comme un repoussoir. Le mot ne désigne plus seulement un ensemble de mouvements en faveur de l’égalité entre les sexes : il devient une étiquette associée au « wokisme », à l’intersectionnalité, à l’excès militant ou à une rupture supposée avec les réalités biologiques et sociales.[9][11]
Un deuxième mouvement consiste au contraire à se réapproprier une partie du vocabulaire féministe. La défense des femmes est alors mobilisée pour opposer un « nous » supposément protecteur de l’égalité à des populations immigrées ou musulmanes présentées comme porteuses d’un sexisme culturel. Les sciences sociales décrivent notamment ce phénomène sous le terme de « fémonationalisme » : des thèmes féministes sont sélectionnés et articulés à des discours nationalistes, anti-immigration ou anti-islam.[11]
Un troisième usage est trans-exclusionnaire et peut prendre une dimension explicitement transphobe. La protection des femmes, de leurs droits, du sport ou des espaces non mixtes est invoquée pour refuser de reconnaître les femmes trans comme des femmes, ou pour les présenter comme une menace potentielle pour les femmes cisgenres. L’exclusion est alors reformulée comme une mesure de sécurité ou comme la défense du sujet même du féminisme.[9][10][12][13]
La transphobie ne se présente donc pas nécessairement comme une hostilité revendiquée : elle peut être formulée comme une protection des femmes contre une « idéologie transgenre », un effacement des catégories sexuelles ou une extension jugée illégitime des droits liés au genre. Ces usages ne sont pas identiques et ne se retrouvent pas chez tous les acteurs, mais ils peuvent converger : rejet du féminisme intersectionnel, appropriation sélective des droits des femmes, racialisation du sexisme et opposition aux droits des personnes trans.[9][11][12][13]
Élément de langage
Hors de contrôle
Expression qui présente une situation comme ayant dépassé le stade du problème pour devenir quelque chose que plus personne ne maîtrise. Très utile pour dramatiser : une difficulté devient une perte générale de contrôle.[24]
En rhétorique : c’est une hyperbole et une modalisation forte. Elle efface facilement les degrés intermédiaires : une situation peut être difficile, mal gérée ou en aggravation sans être littéralement incontrôlable.
Pascal Praud a par exemple consacré en janvier 2026 un édito à « l’immigration hors de contrôle ».[24]
Élément de langage
Hors-sol
Façon de désigner quelqu’un — souvent un responsable politique, une institution ou « les élites » — comme complètement déconnecté de la vie réelle. Pratique : ça permet parfois de répondre à une idée sans avoir à discuter de l’idée.
En rhétorique : c’est souvent une forme d’ad hominem circonstanciel. Au lieu de réfuter une proposition, on disqualifie celui ou celle qui la formule en raison de sa position sociale ou supposée. Le terme peut aussi fonctionner comme une présupposition : la personne est tenue pour déconnectée du « réel » avant même que cela soit démontré.
Assertion péremptoire
« Il faut appeler un chat un chat »
Formule qui annonce qu’on va enfin employer les « vrais mots », généralement plus durs ou plus tranchés.
En rhétorique : elle construit un ethos de franchise. Le locuteur se présente comme celui qui ose nommer ce que d’autres masqueraient, ce qui valorise sa formulation avant même qu’on en discute la pertinence.
Assertion péremptoire
« Il faut être clair » / « Soyons clairs »
Formule qui présente ce qui suit comme la version nette et débarrassée des faux-semblants d’un débat.
En rhétorique : c’est un cadrage assertif. La position qui suit est présentée comme la formulation claire d’une réalité, et non comme une interprétation discutable.
Assertion péremptoire
« Il n’y a pas de débat »
Formule qui annonce qu’une question est déjà tranchée, même quand des désaccords existent encore.
En rhétorique : c’est une fermeture du débat. Une conclusion défendue par le locuteur devient le point de départ obligatoire de la discussion.
Élément de langage
Invasion
Terme militaire employé pour présenter l’arrivée ou la présence d’une population comme l’entrée d’une force ennemie sur un territoire. Quand il est utilisé hors d’un contexte de guerre réel, le choix du mot fait déjà une bonne partie du raisonnement.
En rhétorique : il s’agit d’une métaphore militaire particulièrement forte. Elle introduit par présupposition l’existence d’un ennemi, d’un territoire agressé et d’une intention hostile. Une fois le phénomène cadré comme une invasion, les réponses défensives deviennent beaucoup plus intuitives.
Terme politique
Islamophobie
Le terme « islamophobie » est employé pour désigner des attitudes hostiles, des préjugés, des actes de haine ou des discriminations visant des personnes musulmanes, ou perçues comme telles. Son emploi fait l’objet de débats, notamment parce qu’il peut aussi être compris comme désignant une hostilité envers l’islam en tant que religion. Cette ambiguïté impose de distinguer la critique d’une croyance, qui relève de la liberté d’expression, de la stigmatisation ou de la discrimination visant des personnes.[1][2][4]
Dans une partie des discours d’extrême droite et de leur environnement médiatique, « islamophobie » est moins traité comme le nom d’un phénomène à décrire que comme une accusation destinée à empêcher la critique de l’islam. Le mot devient alors la preuve d’une tentative de censure : dénoncer une discrimination ou une stigmatisation est reformulé comme une volonté d’interdire de parler de religion, d’islamisme, de voile ou de laïcité.[1][2][3]
Ce déplacement change la question posée. Au lieu de demander si des personnes musulmanes, ou supposées musulmanes, font l’objet d’un traitement hostile ou discriminatoire, le débat porte sur le droit du critique à s’exprimer. Le mécanisme est renforcé lorsque des catégories différentes — musulman, arabe, immigré, étranger, islamiste — sont rapprochées jusqu’à devenir partiellement interchangeables. La critique légitime d’une religion ne doit pas être confondue avec le racisme antimusulman ; l’accusation d’« islamophobie » ne doit pas davantage être automatiquement réduite à une stratégie de censure.[4]
Assertion péremptoire
« Je vais vous dire » / « Je vais vous dire une chose »
Formule qui annonce qu’une affirmation importante, évidente ou particulièrement franche va suivre.
En rhétorique : c’est une construction d’ethos d’autorité. Le locuteur se met en scène comme celui qui sait, qui ose dire ou qui va remettre les choses au clair. Elle donne du poids à ce qui suit avant même qu’un argument soit apporté.
Généralisation / nationalisation
« La France est-elle devenue… ? » / « Voilà ce qu’est devenue la France »
Formule qui fait passer d’un événement ou d’un problème précis à un diagnostic sur l’ensemble du pays.
En rhétorique : c’est une généralisation potentiellement abusive, parfois proche de l’induction hâtive. La forme interrogative permet en plus d’introduire une thèse forte sans avoir à l’affirmer directement.
Assertion péremptoire
« La réalité, c’est que… » / « La vérité, c’est que… »
Formules qui présentent l’interprétation qui suit non comme une opinion, mais comme la réalité elle-même.
En rhétorique : il s’agit d’une assertion péremptoire et d’une forme de présupposition. Contester la proposition revient implicitement à contester « la réalité » ou « la vérité », plutôt qu’une interprétation parmi d’autres.
Généralisation / nationalisation
« Les Français en ont assez » / « Les Français ne veulent plus… »
Formule qui fait parler une population entière comme si elle avait une seule opinion.
En rhétorique : c’est une généralisation collective. Elle transforme une population diverse en sujet unique et peut masquer les désaccords ou l’absence de données permettant d’établir ce consensus.
Terme politique
Liberté d’expression
La liberté d’expression protège le droit d’avoir des opinions, de recevoir des informations et d’en communiquer. Elle protège particulièrement le débat politique et les questions d’intérêt général. Elle n’est toutefois pas un droit absolu : l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme prévoit des restrictions fixées par la loi et nécessaires, notamment pour protéger les droits d’autrui, la sécurité ou l’ordre public.[14]
Dans certains discours d’extrême droite et dans des espaces médiatiques qui leur sont proches, la notion est parfois élargie au-delà de la protection contre l’interdiction publique de parler. Une régulation, une décision d’autorité indépendante, une modération, une déprogrammation, une critique publique ou la perte d’une tribune peuvent être décrites comme des formes de censure.[15][16][17]
Le glissement consiste alors à rapprocher deux choses distinctes : le droit de tenir un propos et le droit de le tenir sans contradiction, sans conséquence éditoriale, sociale ou professionnelle, et parfois sans contrôle réglementaire. Cela peut produire une asymétrie : la parole initiale est présentée comme l’exercice d’une liberté fondamentale, tandis que la réponse, la critique ou la régulation deviennent une atteinte à cette liberté. Cela ne signifie pas que les inquiétudes relatives au pluralisme ou à la censure soient toujours infondées ; le dictionnaire décrit ici l’extension du sens donné au terme.[14][15][16]
Indignation rhétorique
« Mais où va-t-on ? » / « Jusqu’où va-t-on aller ? »
Question qui inscrit un événement présent dans une trajectoire inquiétante appelée à continuer.
En rhétorique : c’est une forme de pente glissante implicite. Le fait présent est traité comme le début ou une étape d’une aggravation future, sans que cette chaîne soit forcément démontrée.
Indignation rhétorique
« On est dans quel pays ? » / « Dans quel monde vit-on ? »
Question qui ne cherche généralement pas une réponse, mais exprime qu’une situation serait devenue incompatible avec les normes supposées du pays ou de la société.
En rhétorique : c’est une question rhétorique à forte dimension de pathos. Elle transforme un jugement en évidence partagée et peut généraliser un événement particulier à l’état du pays entier.
Dramatisation / amplification
« On n’a jamais vu ça » / « C’est du jamais-vu »
Formule qui présente un événement comme totalement inédit et exceptionnel.
En rhétorique : c’est un superlatif historique. Il donne au présent une singularité maximale, souvent sans comparaison systématique avec les périodes précédentes.
Assertion péremptoire
« On voit bien que… » / « Il suffit de regarder… »
Façon de présenter une interprétation comme si elle était directement visible, sans étape de raisonnement.
En rhétorique : c’est un appel à l’évidence perceptive. Le raisonnement intermédiaire disparaît derrière l’idée qu’il suffirait de « voir » pour arriver à la même conclusion.
Assertion péremptoire
« Personne ne peut nier que… » / « On ne peut plus le nier »
Formule qui présente la contradiction comme devenue impossible ou irrationnelle.
En rhétorique : c’est un procédé de clôture argumentative. Au lieu de démontrer la proposition, on disqualifie à l’avance sa contestation. Cela peut aussi déplacer la charge de la preuve vers le contradicteur.
Généralisation / nationalisation
« Que devient notre pays ? »
Question qui suppose qu’une transformation négative du pays est déjà en cours.
En rhétorique : elle combine question rhétorique, généralisation et cadrage décliniste. Le diagnostic de dégradation est présupposé dans la question elle-même.
Élément de langage
Submersion
Mot qui transforme un phénomène — notamment migratoire — en image de vague qui déborde et recouvre ce qui était là avant. La métaphore suggère à la fois le nombre, la perte de contrôle et la menace, sans avoir besoin de les démontrer séparément.[25][26][27]
En rhétorique : c’est une métaphore naturalisante. Des personnes sont représentées comme une masse liquide ou une catastrophe naturelle. Le mot contient déjà une conclusion : s’il y a « submersion », il y a nécessairement débordement.
En 2025, CNews a consacré plusieurs éditos au terme, dont « les chiffres prouvent la submersion » et « Submersion : les Français valident, le PS s’offusque ».[25][27]
Historicisation / civilisationnalisation
« Tournant historique » / « Changement de civilisation »
Formules qui présentent le présent comme une rupture majeure avec tout ce qui précède.
En rhétorique : c’est une historicisation emphatique. Elle donne à un événement ponctuel la valeur d’un basculement historique avant qu’un recul suffisant permette de l’établir.
Assertion péremptoire
« Tout le monde le sait » / « On sait très bien que… »
Façon de présenter une affirmation comme faisant déjà l’objet d’un consensus.
En rhétorique : c’est un appel à un consensus supposé, proche de l’argumentum ad populum lorsqu’on invoque cet accord comme preuve. Cela crée aussi une pression de conformité : celui qui conteste devient celui qui refuserait une évidence partagée.
Historicisation / civilisationnalisation
« À l’échelle de l’histoire »
Formule qui replace un événement actuel dans une temporalité très longue, ce qui lui donne immédiatement plus de poids.
En rhétorique : c’est une montée en généralité et une historicisation. Le procédé peut donner à un événement contemporain une portée historique disproportionnée par rapport aux éléments disponibles.