Opinion documentée · politique · histoire · médias · 2026-09-26

« Mais il est très cultivé » : qui a le droit d’être érudit en politique ?

Rayonnages de bibliothèque remplis de livres.
Rayonnages de bibliothèque — quand l’érudition devient aussi une mise en scène de l’autorité. L. Alison Johnson, CC BY-SA 4.0. — source

Pourquoi les références historiques d’Éric Zemmour sont-elles si facilement converties en brevet de sérieux, quand celles de Jean-Luc Mélenchon deviennent un « cours magistral », et que celles de Benoît Hamon peuvent le faire passer pour le bon élève un peu décalé ? Philippe de Villiers pousse encore plus loin la mécanique : avec le Puy du Fou, un récit politique du passé acquiert la puissance et le prestige d’une institution culturelle. Le sujet n’est pas de distribuer les bons et les mauvais points. Il est de comprendre pourquoi nous ne donnons pas toujours la même valeur à la culture selon la personne qui l’étale.

Quand la culture devient une autorité

« Il est très cultivé. » Dans le débat politique, ce compliment peut finir par répondre à une question qui n’était pas posée : ce qu’affirme la personne est-il exact ? Connaître des dates, citer des auteurs ou évoquer des épisodes historiques ne garantit pas que les rapprochements proposés tiennent. Une référence impressionnante peut éclairer un raisonnement, mais elle ne le dispense pas d’être vérifié.

La question traverse des portraits médiatiques différents. Éric Zemmour mobilise volontiers l’Histoire pour donner de l’autorité à son propos ; Philippe de Villiers l’inscrit dans un spectacle et un récit patrimonial ; Jean-Luc Mélenchon en fait souvent un outil d’explication politique ; Benoît Hamon y puise des filiations parfois teintées d’autodérision. Des articles et des travaux permettent de comparer ces usages sans supposer que les rédactions réagissent partout de la même manière. [2][5][8][9][12][13]

Cette comparaison invite surtout à séparer deux jugements que l’on confond facilement : l’étendue de la culture d’une personnalité et l’exactitude des conclusions qu’elle en tire. Les mêmes exigences documentaires devraient s’appliquer à chacune, quelle que soit sa façon de parler ou la sympathie que ses références inspirent.

Zemmour : quand savoir des choses devient une preuve qu’on sait

Éric Zemmour n’est pas historien de formation : il est diplômé de Sciences Po et a construit sa carrière comme journaliste, chroniqueur et essayiste. Cela n’a rien d’un problème en soi. On n’a pas besoin d’une carte professionnelle d’historien pour parler du passé. Le problème commence lorsque la familiarité avec l’Histoire est reçue comme un substitut à la méthode historique. [1]

En 2022, seize historiennes et historiens ont publié Zemmour contre l’histoire pour répondre, thème par thème, à des affirmations allant de Rome à Vichy. Leur objection n’était pas qu’il n’aurait rien lu. Elle était presque inverse : il connaît suffisamment d’éléments pour construire des récits extrêmement convaincants, mais des faits isolés, des anachronismes ou des causalités simplifiées sont parfois assemblés de façon à produire une conclusion politique déjà écrite. [2]

Le cas de Vichy est le plus connu. Zemmour a soutenu que Pétain aurait « sauvé les juifs français » en sacrifiant les juifs étrangers. L’historien Jacques Sémelin a qualifié cette interprétation de non-sens historique ; Laurent Joly a montré comment un fait réel — une différence de taux de survie — peut être transformé en preuve d’une intention protectrice que les archives ne permettent pas d’établir. La précision du détail ne protège donc pas du contresens ; elle peut au contraire le rendre plus crédible. [3][4]

Le compliment « il est très cultivé » peut fonctionner comme un supplément de crédibilité accordé à celui qui raconte. Pourtant, lorsqu’une affirmation historique est contestée par des spécialistes, l’étendue des lectures de son auteur ne tranche pas le débat. Ce sont les sources mobilisées, leur contexte et les inférences tirées des faits qui permettent de la discuter. [2][3][4]

La culture, dans ce cas, devient une performance d’autorité. Elle ne sert pas seulement à nourrir le propos ; elle dit au public : j’ai lu ce que vous n’avez pas lu, je connais la continuité que vous ne voyez pas, je peux relier Clovis, 1789, Vichy, Mai 68 et l’immigration dans une même histoire. Même quand le raccord ne tient pas, l’effet peut tenir très longtemps.

De Villiers : quand un récit devient patrimoine

Philippe de Villiers appartient plutôt au même versant du phénomène qu’Éric Zemmour : chez lui aussi, la fréquentation du passé produit facilement du sérieux. À ceci près qu’il ne la met pas seulement en scène dans un livre ou un débat. Il l’a matérialisée.

Le Puy du Fou est devenu une institution culturelle et touristique majeure, avec des millions de visiteurs et une couverture médiatique qui insiste volontiers sur sa réussite spectaculaire. France Télévisions le présentait encore comme l’un des parcs les plus fréquentés du pays et comme un succès français parti à la conquête de l’étranger. Une telle réussite produit forcément de la légitimité : le récit n’est plus seulement celui d’un homme politique ; il a des décors, des centaines de professionnels, des milliers de bénévoles, des récompenses et des générations de visiteurs. [5]

Or des historiens contestent depuis longtemps la manière dont le parc organise le passé. En 2022, Florian Besson, Pauline Ducret, Guillaume Lancereau et Mathilde Larrère ont publié Le Puy du Faux, après avoir étudié les spectacles et leurs choix narratifs. Leur critique vise notamment une vision très orientée de la Révolution et de la Vendée, ainsi qu’un brouillage constant entre fiction assumée, mémoire locale et prétention à transmettre l’Histoire. L’INA rappelle de son côté que cette orientation anti-républicaine, catholique et royaliste est discutée depuis des décennies. [6][7]

Le cas de Villiers est fascinant parce qu’il montre qu’une interprétation peut acquérir un statut presque patrimonial avant même que le débat historiographique soit clos dans l’espace public. L’émotion du spectacle, la beauté des décors et la puissance de la mise en scène ne prouvent rien sur l’exactitude du récit, mais elles donnent au récit une consistance. Ce qui aurait ressemblé, dans un tract, à une lecture très partisane de la Révolution devient une expérience familiale, un souvenir de vacances, parfois même une porte d’entrée vers l’histoire de France.

Autrement dit, de Villiers n’est pas ici le contre-exemple de Zemmour : il est une version encore plus efficace de la même transformation du capital culturel en autorité. Le passé raconté n’est pas seulement entendu. Il est vécu pendant une journée entière.

Mélenchon : la culture reconnue, puis requalifiée en « cours magistral »

Jean-Luc Mélenchon utilise lui aussi énormément l’Histoire. La Révolution française, 1789, 1793, Robespierre, Jaurès, la Commune, les grandes continuités républicaines : ce matériau structure depuis longtemps sa manière de parler de politique. Et cette culture n’est pas niée. En 2012, Le Monde lui reconnaissait une « solide connaissance historique ». Mais, dans le même article, l’historien Christophe Prochasson parlait d’une « culture de maître d’école ». Deux appréciations presque superposées : il sait, mais il enseigne trop ; il connaît, mais il fait sentir qu’il connaît. [8]

La scène se répète dans la réception de ses discours. Lors d’un meeting de 2012, Le Monde raconte un long développement sur les mécanismes de l’Union européenne : le public se dissipe un peu et le passage est décrit comme un « cours magistral ». Plus récemment, LCP employait encore la même image à propos d’une audition truffée de références à l’histoire des religions. [9][10]

Voilà le contraste qui m’intéresse. Chez Zemmour, l’accumulation de références peut produire l’image de l’homme qui a lu. Chez Mélenchon, l’accumulation de références peut produire l’image du professeur qui ne sait plus quand s’arrêter. Pourtant, dans les deux cas, le geste de départ est proche : tirer du passé une explication du présent, convoquer des événements que l’auditeur ne maîtrise pas forcément, demander implicitement qu’on fasse confiance à celui qui les met en ordre.

La différence n’est évidemment pas seulement idéologique. Mélenchon choisit souvent une forme explicitement pédagogique : il explique les mécanismes, remonte les généalogies, ouvre des parenthèses et peut consacrer plusieurs minutes à un point de doctrine ou d’histoire. Cela peut réellement perdre une partie de l’auditoire. Mais le vocabulaire utilisé pour décrire cette pédagogie n’est pas neutre : « maître d’école » et « cours magistral » ne valorisent pas le savoir de la même façon que « très cultivé ».

Et c’est là que la comparaison devient utile sans avoir besoin de sanctifier Mélenchon. Il peut se tromper, forcer une filiation ou lire le passé depuis ses propres préférences. La question n’est pas de le déclarer meilleur historien. La question est pourquoi, à volume comparable de références, nous sommes parfois tentés d’entendre chez l’un de la profondeur et chez l’autre de la pédanterie.

Hamon : diplômé d’histoire, mais pas automatiquement « sérieux » pour autant

Benoît Hamon rend le paradoxe encore plus visible parce qu’il a, lui, une formation universitaire directement liée au sujet : une licence d’histoire obtenue à l’université de Bretagne occidentale. Évidemment, une licence ne transforme personne en arbitre définitif du passé. Mais elle suffit au moins à rendre amusant le contraste : le responsable politique dont la formation est la plus explicitement historique, parmi ceux évoqués ici, n’est pas celui dont l’image publique a le plus profité de l’étiquette « cultivé ». [11]

Lors de son grand meeting de Bercy en 2017, Hamon multipliait pourtant les filiations : il opposait la Révolution à la Restauration, les communards aux versaillais, Barrès à Zola, les dreyfusards aux antidreyfusards, Fernand Braudel à Charles Maurras. Ce n’était pas une érudition cachée. Elle faisait partie de sa manière de dire ce que la gauche devait assumer comme héritage. [12]

Une étude universitaire consacrée à ses discours montre d’ailleurs combien Hamon aime convoquer les paroles d’autrui, les figures tutélaires et les références culturelles pour installer sa propre position. Mais il le fait souvent avec une forme d’autodérision. Dans une conférence de 2018, après avoir cité des autorités plutôt inattendues pour appuyer un raisonnement de gauche, il lâche en substance : « Jaurès, pardonne-moi ! » La référence est là, puis aussitôt désamorcée par l’humour. [13]

C’est peut-être l’un des problèmes de réception de Hamon : son savoir ne devient pas toujours domination. Il peut devenir sympathie, second degré, image de bon élève. Pendant la présidentielle de 2017, une analyse publiée sur Franceinfo résumait la manière dont de nombreux commentaires médiatiques présentaient sa campagne : « inaudible », son programme volontiers qualifié d’« utopiste ». Le contraste est intéressant : l’érudition ne lui offre pas une présomption supplémentaire de réalisme ; elle peut au contraire se fondre dans l’image d’un candidat cérébral, gentil, parfois décalé, que le commentaire politique ne traite pas spontanément comme un détenteur de vérités profondes. [14]

Il ne s’agit pas de prétendre que chaque journaliste a ri de Benoît Hamon lorsqu’il citait Jaurès. Ce serait aussi caricatural que ce que cet article critique. Mais il y a bien une différence de registre : là où les références de Zemmour peuvent renforcer une posture de gravité, celles de Hamon peuvent participer au personnage de l’intello sympathique — jusqu’à ce que l’érudition elle-même devienne presque un trait comique.

Ce qui change, ce n’est pas seulement la culture : c’est la mise en scène de l’autorité

On peut donc comparer quatre usages sans prétendre qu’ils seraient identiques. Zemmour condense l’Histoire en certitudes. De Villiers la transforme en spectacle total. Mélenchon la déplie en pédagogie. Hamon la convoque comme filiation, souvent avec une distance ironique. Ces formes ne produisent pas la même relation avec le public.

Le premier donne l’impression de conclure. Le deuxième donne l’impression de faire revivre. Le troisième donne l’impression d’expliquer. Le quatrième donne parfois l’impression de montrer ses références en sachant lui-même qu’elles peuvent paraître un peu trop savantes pour la scène. Or, dans l’espace médiatique, conclure et faire revivre passent souvent mieux qu’expliquer longuement ou plaisanter avec sa propre érudition.

Cela aide à comprendre pourquoi le mot « cultivé » n’est pas seulement descriptif. C’est aussi une récompense sociale. On l’accorde plus volontiers lorsque la culture ressemble à ce que l’on attend d’un grand homme de lettres, d’un essayiste civilisationnel ou d’un gardien du patrimoine. Une culture plus militante, plus professorale ou plus auto-ironique peut être reconnue intellectuellement tout en étant dévaluée dans la mise en scène politique.

Et cela produit un effet pervers : on risque de vérifier plus sévèrement celui qui paraît pédant que celui qui paraît savant. Le premier agace, donc on cherche la faille. Le second impressionne, donc on lui concède volontiers le bénéfice du doute. Or la méthode devrait exactement fonctionner à l’envers de nos impressions de style : plus quelqu’un invoque l’Histoire pour clore une discussion, plus il faut rouvrir les sources.

Léaument : le test qui empêche de transformer l’article en plaidoyer de camp

C’est ici qu’Antoine Léaument est utile. Pas pour équilibrer artificiellement les fautes ni pour faire « tout le monde pareil ». Simplement pour vérifier que la règle tient encore lorsque le récit historique va dans le sens de nos préférences.

Depuis plusieurs années, le député LFI raconte que le drapeau tricolore serait né d’une « grève antiraciste » de marins bretons refusant d’aller réprimer à Saint-Domingue. Son récit part d’éléments réels : les troubles de Brest en 1790, la question du pavillon de marine, les débats de l’Assemblée, Saint-Domingue, Mirabeau. Il a lui-même exposé cette lecture à l’Assemblée nationale. [15]

Mais la chaîne causale qu’il propose est beaucoup plus nette que les sources. Un fact-check consacré à cette affirmation rappelle notamment que la grande insurrection servile de Saint-Domingue commence en août 1791, après l’adoption du premier pavillon tricolore de 1790, et que les troubles de Brest sont mêlés à des questions de discipline et de politique révolutionnaire beaucoup plus complexes. [16]

Autrement dit, une histoire peut être politiquement sympathique, nourrie de vrais événements et néanmoins trop belle pour être exactement vraie. Il faut pouvoir le dire sans avoir le sentiment de « taper sur son camp ». C’est même la condition pour que la critique de Zemmour ou de Villiers soit autre chose qu’un réflexe partisan.

Le bon critère n’est pas « est-il cultivé ? »

Au terme de cette comparaison, la question n’est pas de savoir s’il faudrait refuser à Éric Zemmour le qualificatif de « cultivé ». Une personne peut avoir beaucoup lu et raconter une histoire fausse. C’est précisément pour cela que le prestige de l’érudition ne doit pas se substituer à la vérification.

Quelqu’un peut être très cultivé et raconter une histoire fausse. Quelqu’un peut être très pédant et avoir raison. Quelqu’un peut avoir un diplôme d’histoire et simplifier. Quelqu’un peut créer un spectacle magnifique et transmettre un récit idéologique. La culture renseigne sur l’étendue des références disponibles ; elle ne dit rien, à elle seule, sur la manière dont elles sont sélectionnées, hiérarchisées et reliées.

La seule règle un peu saine consiste donc à séparer deux questions que le débat public mélange sans arrêt. Première question : cette personne possède-t-elle beaucoup de références ? Deuxième question : ce qu’elle affirme à partir de ces références résiste-t-il aux sources et aux travaux spécialisés ? Le « très cultivé » répond à la première. Il ne doit jamais dispenser de poser la seconde.

Et peut-être faut-il ajouter une troisième question, plus inconfortable parce qu’elle nous concerne tous : pourquoi trouvons-nous la culture admirable chez certains, pédante chez d’autres, et vaguement ridicule chez d’autres encore ? La réponse dira probablement moins de choses sur l’Histoire que sur notre manière d’accorder l’autorité dans le présent.

Ce n’est pas une raison pour traiter Zemmour, de Villiers, Mélenchon, Hamon ou Léaument comme s’ils faisaient exactement la même chose. Ils ne le font pas. C’est une raison pour ne pas changer de méthode en fonction du personnage. Quand quelqu’un convoque le passé pour donner du poids à son propos, la bonne réaction n’est ni l’admiration ni l’agacement. C’est : d’accord. Maintenant, voyons les sources.

Note éditoriale

  • La comparaison repose sur des exemples médiatiques et des travaux identifiés dans les sources, et non sur un décompte exhaustif de toutes les qualifications utilisées pour chaque personnalité. Les interprétations sur l’autorité que confèrent ces mots sont distinguées des citations et faits documentés.

Sources

  1. Biographie d’Éric ZemmourInstitut Montaigne — formation à Sciences Po et carrière journalistique.
  2. « Zemmour contre l’histoire »Centre d’histoire sociale des mondes contemporains / CNRS, collectif de seize historiennes et historiens, 2022.
  3. Polémique Zemmour : « une inacceptable falsification idéologique »Le Monde, entretien avec Jacques Sémelin, 17 octobre 2014.
  4. « Eric Zemmour pense qu’il gagnera la bataille culturelle et donc la bataille politique »Le Monde, entretien avec Laurent Joly, 5 janvier 2022.
  5. Complément d’enquête — « Histoire, argent, pouvoir : les vrais secrets du Puy du Fou »France Télévisions, 2023.
  6. « Le Puy du Faux », voyage dans un parc sans lumièresLe Monde, 22 avril 2022.
  7. « Le Puy du Fou, un concept basé sur la défense des traditions »INA.
  8. « Jean-Luc Mélenchon avec cocarde et bonnet phrygien »Le Monde, 19 avril 2012.
  9. Reportage de meeting de Jean-Luc MélenchonLe Monde, 9 février 2012 — séquence décrite comme un « cours magistral » sur l’Union européenne.
  10. Audition de Jean-Luc Mélenchon et références à l’histoire des religionsLCP, 2025.
  11. Vérification sur la licence d’histoire de Benoît HamonLe Monde, 2 février 2017.
  12. Discours de Benoît Hamon à Bercy19 mars 2017, archive de campagne.
  13. Étude des discours convoqués par Benoît HamonOliana Revelles et Marion Sandré, Espaces Linguistiques, Université de Limoges, 2020.
  14. Pourquoi Benoît Hamon, bon débatteur, est-il inaudible dans les médias ?Franceinfo, analyse de communication, 14 mars 2017.
  15. Compte rendu de la deuxième séance du mardi 14 mai 2024Assemblée nationale — intervention d’Antoine Léaument sur la « grève antiraciste » des marins bretons.
  16. Est-il vrai que le drapeau français est né d’une grève antiraciste ?Le Point, fact-check, 5 décembre 2024.

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