Tribune · complotisme · radicalisation · extrême droite · 2026-09-21

Du soupçon à l’ennemi : comment le complotisme peut ouvrir une voie vers l’extrême droite

Un kiosque à journaux à Barcelone, avec plusieurs titres de presse exposés.
Kiosque à journaux à Barcelone — Gveret Tered, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. — source

On peut commencer par une défiance envers un laboratoire, un gouvernement, un média ou « les puissants » sans se penser de droite, et parfois même en croyant formuler une critique anticapitaliste. Le point de bascule n’est pas le doute lui-même : il apparaît lorsque des rapports de pouvoir complexes deviennent un plan, lorsque « les élites » cessent de désigner une position sociale pour devenir un groupe occulte et lorsque quelqu’un vient enfin répondre à la question « qui est derrière tout ça ? ». La recherche ne permet pas de dire que le trajet est automatique ; elle permet en revanche de comprendre pourquoi certaines routes se croisent si souvent.

Le raccourci qu’il ne faut justement pas faire

Le moyen le plus rapide de rater le sujet serait d’écrire que les complotistes sont, au fond, des gens d’extrême droite qui ne le savent pas encore. Ce serait faux, et surtout inutile. Les croyances conspirationnistes traversent des milieux très différents : elles existent à gauche, à droite, dans des univers spirituels, dans la santé alternative, dans des sous-cultures sans identité politique stable et chez des personnes qui se définissent simplement comme méfiantes à l’égard des institutions. L’étude internationale de Roland Imhoff et de ses collègues, menée auprès de 104 253 participants dans 26 pays, trouve à la fois une relation linéaire et une relation avec les extrêmes politiques, mais les auteurs insistent sur des effets modestes et hétérogènes selon les pays. En moyenne, la relation est plus forte à droite, sans autoriser pour autant l’équation « complotisme = extrême droite ». [2]

La question intéressante commence précisément après cette précaution. Si les deux ensembles ne se confondent pas, pourquoi se rencontrent-ils si souvent ? Pourquoi des espaces initialement organisés autour de la défiance sanitaire, du bien-être, de la spiritualité ou d’un vague sentiment « antisystème » peuvent-ils devenir des lieux où circulent aussi des récits de droite radicale ? La littérature récente invite à regarder moins une liste d’opinions qu’une architecture : besoins de compréhension et de contrôle, perception de menace, défiance envers des institutions, dynamique de groupe, identité sociale et représentation d’un groupe hostile agissant dans l’ombre peuvent se combiner sans qu’aucun de ces éléments ne suffise, isolément, à définir une idéologie. [1] [3]

Une même phrase peut cacher deux cartes du monde

Prenons une phrase presque banale : « une petite élite concentre beaucoup trop de pouvoir ». Elle peut appartenir à une critique parfaitement classique du capitalisme, de la concentration médiatique ou de l’oligarchie économique. Elle peut aussi ouvrir un récit entièrement différent où « l’élite » ne désigne plus une position dans un système social, mais un groupe caché qui aurait la volonté, la coordination et la capacité de produire délibérément les crises que nous observons. Le vocabulaire reste presque identique ; la causalité change complètement.

Dans une analyse structurelle, des milliardaires, des entreprises ou des propriétaires peuvent défendre des intérêts communs sans avoir besoin d’une salle secrète où ils planifieraient ensemble chaque événement. Des règles fiscales, la propriété du capital, l’accès différencié aux décideurs, le lobbying, les effets de réseau ou simplement la convergence d’intérêts suffisent à produire des rapports de pouvoir durables. Une crise peut avantager certains acteurs sans avoir été fabriquée pour eux. Une rédaction peut partager des biais de classe sans recevoir chaque matin ses consignes d’un centre de commandement. Autrement dit, l’existence d’intérêts puissants ne suppose pas l’existence d’une volonté centrale.

Le récit conspirationniste tend au contraire à réintroduire cette volonté. Ce qui était un système devient un plan ; ce qui était une convergence devient une coordination ; ce qui était une asymétrie de pouvoir devient l’action d’un sujet collectif caché. Les recherches sur la proximité entre attitudes populistes et croyances conspirationnistes trouvent justement un terrain commun autour de l’anti-élitisme et de l’idée d’un peuple trompé par des élites agissant contre lui. Cela ne fait ni de tout populisme un complotisme, ni de toute critique des élites un signe de radicalisation : cela explique pourquoi le mot « élites » peut servir de pont entre des univers qui lui donnent des sens très différents. [4] [5]

Le moment où le système devient un plan

La distinction est importante parce qu’elle explique le faux air d’anticapitalisme que peuvent prendre certains récits conspirationnistes. Quelqu’un peut détester plusieurs milliardaires, plusieurs banques ou plusieurs multinationales tout en ne contestant nullement la concentration privée du capital. Si le problème n’est pas la structure qui permet cette concentration, mais l’idée que les « mauvais » milliardaires auraient capturé le système, il reste parfaitement possible d’admirer d’autres milliardaires, d’autres propriétaires ou d’autres concentrations de pouvoir considérées comme du « bon côté ».

Le glissement politique devient alors relativement peu coûteux. Une personne qui pense déjà que les médias cachent collectivement la vérité, que les institutions coordonnent leurs mensonges, que les experts défendent consciemment un agenda et que les crises importantes ont un organisateur secret n’a pas encore adopté une idéologie d’extrême droite. Mais elle possède déjà une case vide intitulée « ceux qui sont derrière tout ça ». Une doctrine politique n’a plus nécessairement à reconstruire toute sa vision du monde ; elle peut se contenter de proposer des noms, des groupes, une histoire et une solution. Cette distinction entre rapports de pouvoir documentés et intention secrète est aussi au cœur de « L’ennemi utile », qui montre pourquoi une stratégie cynique ou un échec massif ne prouvent pas, à eux seuls, un plan caché.

C’est ici qu’il faut résister à une autre simplification : tous les récits anti-élites ne désignent pas les mêmes adversaires, et l’on ne peut pas déduire une cible précise du seul fait qu’une personne parle de « puissants » ou de « mondialistes ». L’intérêt analytique est ailleurs : quand la causalité est personnalisée, le débat se déplace des mécanismes vers les intentions. La question cesse progressivement d’être « quelles institutions produisent cet effet ? » pour devenir « qui veut que cet effet se produise ? ». Cette seconde question est beaucoup plus facile à raccorder à un récit politique organisé autour d’un ennemi.

Une grammaire compatible ne signifie pas une destination obligatoire

Les revues contemporaines sur les croyances conspirationnistes décrivent un phénomène à plusieurs niveaux : facteurs individuels, besoins sociaux, dynamiques entre groupes et contexte national interagissent. La littérature sur l’identité sociale souligne notamment que les récits de complot peuvent répondre à des besoins d’appartenance, de valorisation du groupe et de sécurité de son statut. [1] [3] Cela aide à comprendre pourquoi la croyance n’est pas seulement une conclusion intellectuelle. Elle peut devenir une manière de savoir avec qui l’on est, qui l’on croit et face à qui l’on se tient.

Cette dimension est particulièrement importante pour comprendre les chevauchements avec certaines radicalisations politiques. Une communauté qui se perçoit comme lucide face à une majorité trompée offre à la fois une explication du monde et une position dans ce monde. Plus les institutions extérieures sont interprétées comme complices, moins elles peuvent servir d’arbitres lorsque le groupe rencontre une nouvelle affirmation. Une réfutation peut être lue non comme une information concurrente, mais comme une manifestation supplémentaire du système déjà suspecté.

Rien de tout cela ne suffit à fabriquer automatiquement un fasciste, un nationaliste ou même un électeur de droite. Ce sont des mécanismes généraux de fermeture et d’identification qui peuvent aussi apparaître ailleurs. Leur importance tient à leur compatibilité : une idéologie qui propose déjà un peuple menacé, des élites traîtresses, des institutions corrompues et un ennemi responsable du déclin peut trouver dans un univers conspirationniste une partie du terrain interprétatif déjà préparée.

On ne commence presque jamais par la conclusion la plus radicale

C’est ce que met en scène Ian Danskin dans l’épisode « How to Radicalize a Normie » de sa série The Alt-Right Playbook. [11] Il faut être précis sur son statut : il s’agit d’un essai vidéo documenté, pas d’une publication académique ni d’une expérience établissant une loi générale de la radicalisation. Son intérêt tient à la manière dont il raconte un processus graduel : identifier un public réceptif, offrir une communauté, déplacer les sources de confiance, normaliser des propositions de plus en plus radicales et faire en sorte que chaque étape paraisse beaucoup moins énorme que l’arrivée vue depuis le point de départ.

Cette représentation est cohérente avec ce que les travaux sur l’identité sociale et les communautés conspirationnistes permettent d’observer, à condition de ne pas transformer l’algorithme ou une vidéo particulière en baguette magique. L’exposition ne suffit pas. Ce qui compte est aussi la répétition, la confiance accordée à un groupe, le changement de normes internes et l’apprentissage progressif d’une manière d’interpréter les événements. Une idée n’a pas besoin d’être immédiatement crue pour jouer un rôle : elle peut d’abord devenir une hypothèse qu’il serait « interdit de poser », puis une possibilité jugée raisonnable, puis un présupposé.

C’est probablement ici que les parallèles entre « devenir complotiste » et « se radicaliser politiquement » sont les plus utiles. Dans les deux cas, on chercherait en vain un instant universel où tout bascule. Les trajectoires sont hétérogènes, mais la normalisation graduelle compte : l’idée qui aurait semblé délirante ou moralement inacceptable six mois plus tôt peut ne plus provoquer la même réaction après avoir été rencontrée cent fois dans un environnement où elle est traitée comme une évidence ou une plaisanterie partagée. La question de ce qui devient progressivement « normal » dans le traitement politique rejoint aussi notre analyse du cadrage du RN dans un mini-corpus du Monde.

Les passerelles que l’on peut réellement observer

La pandémie de Covid a fourni plusieurs cas particulièrement instructifs parce que les points d’entrée n’étaient pas toujours explicitement politiques. Stephanie Alice Baker a suivi pendant douze mois quatre influenceurs de santé alternative sur Instagram et décrit la façon dont certains discours de bien-être ont servi à diffuser à la fois désinformation, pensée conspirationniste et contenus d’extrême droite. L’autrice prend soin de ne pas confondre l’ensemble de la culture wellness avec l’alt-right : son objet est précisément l’exploitation de certains de ses idéaux et de ses codes par des influenceurs particuliers. [9]

Une étude ethnographique de Christopher Conner sur QAnon a de son côté analysé environ 1 000 heures de contenus produits par 100 influenceurs QAnon et identifié trois portes d’entrée qui n’étaient pas spontanément associées au mouvement : groupes de yoga et de bien-être, cercles néo-chamaniques et milieux de voyance. [10] Ici encore, le résultat ne signifie pas que le yoga conduirait à QAnon. Il montre qu’un mouvement conspirationniste et autoritaire peut pénétrer des espaces dont l’identité préalable est très éloignée de l’extrême droite et y traduire son récit dans un langage déjà familier.

Sur Telegram, Heidi Schulze et ses collègues ont suivi longitudinalement 4 500 messages issus de neuf canaux liés à QAnon, au mouvement identitaire et à Querdenken pendant la première année de la pandémie. Leur étude porte déjà sur des espaces conspirationnistes ou d’extrême droite : elle ne mesure donc pas la « conversion » d’un public neutre. Elle permet en revanche d’observer comment récits de complot, anti-élitisme, mobilisation et, dans certains espaces, soutien à la violence évoluent au sein d’écosystèmes où les frontières idéologiques sont poreuses. [8] C’est une différence essentielle : on dispose de bonnes observations de passerelles et de coévolutions, beaucoup moins d’un compteur individuel permettant de dire combien de personnes entrent complotistes et ressortent néofascistes.

« Je ne suis pas complotiste » : le refus de l’étiquette, lui, est bien documenté

L’intuition selon laquelle beaucoup de personnes concernées récusent le mot « complotiste » est mieux étayée qu’une simple impression. Dans leur enquête ethnographique sur le milieu conspirationniste néerlandais, Jaron Harambam et Stef Aupers montrent que les participants résistent activement à cette identité stigmatisée et se présentent volontiers comme des « libres penseurs critiques ». Ils produisent aussi leurs propres frontières : le vrai complotiste, l’irrationnel ou le naïf, c’est souvent quelqu’un d’autre. [6]

Des expériences menées par Anthony Lantian et ses collègues en France montrent également que défendre publiquement des théories du complot peut faire anticiper une évaluation négative de soi et une exclusion sociale. [7] Le label n’est donc pas neutre ; il porte un coût social, ce qui suffit déjà à expliquer pourquoi quelqu’un peut défendre une proposition tout en refusant la catégorie sous laquelle un observateur la range.

La tentation est forte d’étendre immédiatement ce résultat aux personnes classées à l’extrême droite qui refusent les mots « raciste », « fasciste » ou même « extrême droite ». La comparaison est intéressante comme hypothèse de gestion de l’identité : dans les deux cas, une catégorie extérieure peut être vécue comme une disqualification et remplacée par une auto-description valorisante. Mais les travaux mobilisés ici ne démontrent pas une symétrie psychologique universelle entre ces refus d’étiquettes. Le versant « je ne suis pas complotiste » est directement étudié ; transformer le parallèle avec « je ne suis pas fasciste » en résultat scientifique établi demanderait un corpus spécifique que cet article ne possède pas.

Alors, combien passent réellement du complotisme à l’extrême droite ?

C’est la question la plus tentante, et celle à laquelle il faut accepter une réponse insatisfaisante : il n’existe pas de pourcentage général scientifiquement défendable. Nous n’avons pas une cohorte mondiale de personnes « complotistes » suivies assez longtemps pour annoncer qu’une fraction précise finit à l’extrême droite, qu’une autre revient vers des explications conventionnelles et qu’une dernière reste politiquement inclassable.

Les données disponibles racontent autre chose. Elles montrent une association internationale entre mentalité conspirationniste et positions politiques extrêmes, plus marquée en moyenne à droite mais variable selon les pays. [2] Elles montrent des liens entre anti-élitisme, souveraineté, défiance envers l’expertise et mentalité conspirationniste dans certaines enquêtes nationales. [5] Elles montrent des communautés de bien-être et de spiritualité où des contenus QAnon ou d’extrême droite ont trouvé des points d’entrée. [9] [10] Elles montrent enfin des écosystèmes où récits conspirationnistes et radicalisation d’extrême droite s’entremêlent dans le temps. [8]

C’est assez pour parler d’une passerelle possible et documentée ; ce n’est pas assez pour parler d’un escalator obligatoire. La distinction est plus qu’une précaution académique. Si l’on imagine un mécanisme automatique, on ne comprend plus pourquoi certaines personnes restent complotistes sans se droitiser, pourquoi des complotismes existent à gauche ou hors de la politique, ni pourquoi les mêmes frustrations ne conduisent pas tout le monde au même endroit.

Le vrai point de bascule est peut-être la réponse à « qui ? »

Au fond, ce que le complotisme peut fournir à une radicalisation d’extrême droite n’est pas nécessairement son programme. Il peut fournir une forme de disponibilité : l’habitude de chercher derrière des phénomènes complexes une volonté cohérente, l’idée que plusieurs institutions indépendantes ne sont indépendantes qu’en apparence, la conviction que la contradiction officielle confirme parfois la dissimulation et le sentiment d’appartenir à une minorité qui voit ce que les autres refusent de voir.

À partir de là, une idéologie organisée autour d’un ennemi n’a pas toujours besoin de convaincre de tout. Elle peut simplement remplir les cases déjà ouvertes. « Les élites » obtiennent un visage, « le système » une intention, la crise un responsable, le sentiment de dépossession un récit historique. C’est aussi pourquoi le vocabulaire peut donner l’impression d’une continuité parfaite : on continue de parler des « puissants », des « médias », du « peuple » ou des « intérêts cachés », alors que le sens de ces mots s’est progressivement déplacé.

La ligne de partage la plus utile n’oppose donc probablement pas les gens qui doutent à ceux qui font confiance, ni les critiques du pouvoir aux défenseurs des institutions. Le doute et la critique du pouvoir sont indispensables. La différence commence lorsque le doute ne sert plus à tester des explications mais à protéger une explication de toute contradiction, lorsque les rapports de force deviennent systématiquement des plans et lorsque l’incertitude sur les causes est remplacée par la certitude qu’un groupe hostile coordonne le monde. C’est à ce moment-là qu’une question légitime — « qui possède le pouvoir, et comment l’exerce-t-il ? » — peut être progressivement remplacée par une autre : « qui est derrière tout ça ? ». Et il existe depuis longtemps des mouvements politiques prêts à fournir une réponse.

Ce que cet article ne démontre pas

  • Aucun chiffre présenté ici ne permet de calculer la proportion générale de personnes complotistes qui se radicalisent ensuite vers l’extrême droite. Les travaux disponibles combinent surtout corrélations, études qualitatives, observations de communautés et analyses de plateformes.
  • Une association entre deux attitudes ne prouve pas que l’une cause l’autre. Des facteurs communs — défiance, menace perçue, position d’opposition, identité de groupe ou contexte social — peuvent contribuer aux deux.
  • Les résultats obtenus dans un pays, une plateforme ou une sous-culture ne sont pas automatiquement généralisables à l’ensemble des personnes adhérant à des théories du complot.
  • L’article emploie « extrême droite » comme catégorie politique large lorsque les sources le font. Il ne traite pas « droite radicale », « extrême droite », « néofascisme » et « fascisme » comme des synonymes et ne suppose pas que toute personne classée à l’extrême droite soit fasciste.
  • Le parallèle entre le refus du label « complotiste » et le refus de labels politiques stigmatisants est présenté comme une piste comparative. Les études citées documentent directement le premier phénomène, pas une équivalence psychologique universelle entre toutes ces étiquettes.

Références académiques et source audiovisuelle

  1. Individual, intergroup and nation-level influences on belief in conspiracy theoriesHornsey, Bierwiaczonek, Sassenberg & Douglas · Nature Reviews Psychology, 2023 · revue de littérature
  2. Conspiracy mentality and political orientation across 26 countriesImhoff et al. · Nature Human Behaviour, 2022 · N = 104 253, 26 pays
  3. How social identity shapes conspiratorial beliefRobertson et al. · Current Opinion in Psychology, 2022 · revue
  4. The Elite Is Up to Something: Exploring the Relation Between Populism and Belief in Conspiracy TheoriesCastanho Silva, Vegetti & Littvay · Swiss Political Science Review, 2017
  5. Conspiracy Mentality: How it Relates to Populism, Relative Deprivation, Mistrust of Expertise and Voting BehaviourLoziak & Havrillová · Europe’s Journal of Psychology, 2024 · échantillon slovaque
  6. ‘I Am Not a Conspiracy Theorist’: Relational Identifications in the Dutch Conspiracy MilieuHarambam & Aupers · Cultural Sociology, 2017 · enquête ethnographique
  7. Stigmatized beliefs: Conspiracy theories, anticipated negative evaluation of the self, and fear of social exclusionLantian et al. · European Journal of Social Psychology, 2018 · deux études expérimentales en France
  8. Far-right conspiracy groups on fringe platforms: a longitudinal analysis of radicalization dynamics on TelegramSchulze et al. · New Media & Society, 2022 · 4 500 messages, 9 canaux
  9. Alt. Health Influencers: how wellness culture and web culture have been weaponised to promote conspiracy theories and far-right extremism during the COVID-19 pandemicStephanie Alice Baker · European Journal of Cultural Studies, 2022 · quatre influenceurs suivis pendant douze mois
  10. QAnon, authoritarianism, and conspiracy within American alternative spiritual spacesChristopher T. Conner · Frontiers in Sociology, 2023 · ethnographie qualitative de contenus QAnon
  11. The Alt-Right Playbook: How to Radicalize a NormieInnuendo Studios / Ian Danskin · YouTube, 2019 · essai vidéo, utilisé ici comme grille narrative et non comme source académique

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